Soirée de réflexion autour des émeutes dans les quartiers populaires
Après la mort de Nahel, la place doit être faite au dialogue et à l'écoute. La Maison Ouverte, une des fraternités de la Mission Populaire à Montreuil en Seine-Saint-Denis, a organisé le 4 juillet, un Apéro Critique pour réfléchir ensemble. Christine et Jeanne, de la Maison Ouverte nous font le compte-rendu des échanges.
Une cinquantaine de personnes se sont réunies à la Maison Ouverte pour discuter le 4 juillet des violences exprimées ces derniers jours par les jeunes dans différentes villes de France. La majorité des participant·e·s comprenaient la violence exprimée, la reliant à un profond malaise, suite à la façon dont sont souvent traités ces jeunes issus de quartiers défavorisés : discrimination, racisme, exclusion, difficultés rencontrées dans le parcours scolaire, contrôle au faciès. La différence est flagrante avec des jeunes de classe aisée. Ces jeunes ne peuvent prétendre à certaines écoles. Ils sont stigmatisés dès le départ. Le chômage est plus important parmi leurs rangs n'ayant pas de qualification professionnelle.
Leurs parents eux-mêmes sont souvent dévalorisés. Beaucoup de familles sont monoparentales.
La police ostracise ces jeunes, elle est violente à leur égard, et depuis la loi Cazeneuve 2017, qui permet à la police l'usage des armes létales, le nombre de morts dans les banlieues a augmenté de façon importante. À noter que ces « jeunes » n'ont pas attaqué les personnes. Les qualités qu'ils ont, ne sont pas mises en valeur par le système éducatif traditionnel et principalement intellectuel. Aussi, en France, ce qui est manuel est dévalorisé par rapport aux filiales classiques.
Serait-il possible d'agir autrement ?
Essayer de les écouter, aller vers eux. Rejoindre les personnes qui font du soutien scolaire, les jeunes ont envie de solidarité et l’expriment. Ils l'expriment entre eux.
Apprendre à les faire parler
Un jeune homme souligne : « on est dans une stratégie perdante, car non révolutionnaire. ». Un autre propose de faire du soutien juridique aux interpellés et à leur famille. Il est souligné que l'État ne cherche pas à comprendre le message envoyé par les jeunes, mais réagit par la violence : punir, emprisonner. Cette attitude de l'État conforte les personnes qui réprouvent la conduite de ces jeunes, dans leur jugement négatif à leur égard. On assiste alors à une véritable fracture sociale.
Cette réunion était sans "jeunes", et surtout entre acteurs associatifs, en particulier des quartiers de Montreuil concernés par les émeutes, qui s'interrogeaient beaucoup sur le que comprendre, que faire. C"était un moment important pour nous, acteurs associatifs, pour pouvoir rebondir face à un "logiciel" de ces jeunes que l'on ne comprend pas vraiment. Que comprendre, que changer dans nos approches, que faire ?
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